Commerce africain : Afreximbank signe une première percée de 5,3 millions de dollars dans l’énergie

La digitalisation du commerce intra-africain franchit une nouvelle étape. Africa Trade Gateway (ATG), la plateforme développée par Afreximbank, vient de boucler sa première transaction dans le secteur de l’énergie en Afrique australe. D’un montant de 5,3 millions de dollars, l’opération illustre le potentiel des écosystèmes numériques pour fluidifier les échanges, sécuriser les financements et accélérer l’intégration des marchés africains.

Une transaction à forte valeur symbolique, dirait-on. Le montant reste modeste à l’échelle des besoins du continent. Mais le signal est fort.

L’opération concerne l’importation de gazole par la société zimbabwéenne Witeva Trading auprès d’un négociant international basé en Suisse. Elle a été structurée avec Innbucks Microbank Ltd., banque émettrice locale, tandis qu’Afreximbank en a assuré la confirmation financière.

Au-delà de la transaction, c’est le modèle qui retient l’attention.

Pour la première fois, Africa Trade Gateway démontre sa capacité à réunir, sur une même plateforme, un acheteur, un fournisseur et des partenaires financiers afin de finaliser une opération commerciale transfrontalière.

Le pari du commerce numérique

Le commerce africain reste confronté à plusieurs obstacles à savoir la difficulté d’accès au financement, le manque d’information sur les partenaires, les procédures longues et coûts élevés.

Afreximbank entend répondre à ces contraintes par le numérique.

Africa Trade Gateway ambitionne de centraliser les principaux services liés au commerce international. Identification d’opportunités, mise en relation avec des partenaires vérifiés, financement, conformité, paiements et logistique sont désormais proposés au sein d’un même environnement numérique.

L’objectif est de réduire les frictions et raccourcir les délais de conclusion des opérations commerciales.

Un levier pour la ZLECAf

Cette première opération énergétique intervient dans un contexte où la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) exige des infrastructures financières plus performantes.

Pour Peter Olowononi, directeur régional d’Afreximbank pour l’Afrique australe, l’intégration des entreprises et des banques dans un même écosystème facilite l’accès au financement du commerce et favorise les échanges régionaux.

Même analyse du côté d’Emeka Onyia, responsable des activités numériques. Selon lui, chaque transaction réussie renforce l’attractivité de la plateforme, élargit le réseau d’utilisateurs et génère de nouvelles opportunités commerciales.

Changer d’échelle

L’ambition dépasse largement cette première opération. Afreximbank cherche à bâtir une infrastructure numérique capable d’accompagner la montée en puissance du commerce intra-africain. 

L’institution s’appuie sur un bilan solide. À fin 2025, ses actifs et garanties atteignaient environ 48,5 milliards de dollars, tandis que les fonds propres s’élevaient à 8,4 milliards de dollars. Elle pilote également le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) et un fonds d’ajustement de 10 milliards de dollars destiné à soutenir la mise en œuvre de la ZLECAf.

Le véritable enjeu est désormais celui du passage à l’échelle.

Si Africa Trade Gateway parvient à multiplier ce type d’opérations, la plateforme pourrait devenir l’un des maillons stratégiques de la transformation du commerce africain. 

En reliant financement, information et exécution des transactions, elle ambitionne de réduire l’un des principaux handicaps des entreprises du continent. C’est-à-dire la fragmentation des marchés.