Cameroun : le FIDA s’associe à la Banque mondiale pour lancer le pacte AgriConnect

Le gouvernement camerounais franchit une étape décisive dans sa stratégie d’autonomie alimentaire. Il s’associe au Groupe de la Banque mondiale et au Fonds international de développement agricole (FIDA). Ensemble, ils lancent le Pacte national AgriConnect.

Par Bacary Dabo

Le Cameroun veut accélérer sa transformation agropastorale. Il cherche à créer des emplois pour les jeunes et les femmes. Il souhaite aussi attirer des investissements publics et privés.

Aujourd’hui, le secteur agroalimentaire camerounais représente 17 % du PIB. Il emploie 42 % de la population active, soit 4,7 millions de personnes.

Pourtant, le secteur stagne. Les producteurs manquent d’intrants de qualité. Les infrastructures et le stockage font défaut. L’accès aux financements demeure très difficile.

Par conséquent, les importations alimentaires pèsent lourd. Elles absorbent chaque année 3,5 % du PIB. La facture annuelle atteint 1,6 milliard de dollars.

Trois piliers et huit filières stratégiques

Selon un communiqué de presse qui nous est parvenu, le Pacte AgriConnect repose sur trois piliers fondamentaux. Il consiste à renforcer les bases du secteur agroalimentaire, accélérer les réformes politiques et réglementaires et faciliter l’accès des producteurs et des entreprises au financement.

Le programme cible huit filières prioritaires à savoir le riz, le maïs, le manioc, le palmier à huile, le cacao, le soja, l’élevage laitier et l’aquaculture.

Le projet prévoit 24 interventions ciblées. Elles touchent la mécanisation, les semences, l’irrigation et le foncier. Les investissements nécessaires sont évalués à 1,87 milliard de dollars sur la période 2026-2030.

Les objectifs chiffrés à l’horizon 2030

Le plan fixe des ambitions chiffrées précises d’ici à 2030. Il s’agit de porter la production annuelle de maïs à 6 millions de tonnes, atteindre 800 000 tonnes d’huile de palme.

Il sera également question de couvrir 55 % des besoins nationaux en riz, satisfaire 60 % de la demande locale de lait et produire 450 530 tonnes de produits halieutiques.

La même source indique que l’enjeu financier est majeur. Le Cameroun vise une réduction de 28 % de sa facture d’importation alimentaire. Celle-ci doit repasser sous la barre des 1,15 milliard de dollars.

L’appui opérationnel du FIDA

Le FIDA intervient comme partenaire fondateur de cette initiative. L’institution onusienne s’appuie sur son expertise auprès des petits exploitants.

Elle mobilise déjà plusieurs projets sur le terrain à savoir le qui est un soutien aux filières riz et oignon. Il y a également l’ACREGIR qui milite pour le développement de l’éco-entrepreneuriat et de la résilience climatique.

A cela s’ajoute le PAIDATA qui contribue à la transition agroécologique pour le cacao et le café mais surtout le PEA-Jeunes II pour la promotion de l’entrepreneuriat agropastoral des jeunes et des femmes.

« Nous restons pleinement engagés aux côtés du Gouvernement du Cameroun. Nous mettons notre expérience et nos investissements au service de cette ambition commune », affirme Eric Rwabidadi, Directeur de pays du FIDA.

Avec AgriConnect, Yaoundé entend tourner la page de l’agriculture de subsistance. Le pays veut bâtir une véritable industrie agroalimentaire compétitive et exportatrice.