La 42e Assemblée générale du Conseil des Bureaux de la Carte Brune CEDEAO se tient à Dakar du 19 au 22 octobre 2026. Les travaux portent sur la réforme institutionnelle, la transformation numérique et l’accélération de l’indemnisation des victimes d’accidents transfrontaliers.
Par Bacary Dabo
Dakar accueille les acteurs de l’assurance automobile de l’espace CEDEAO. La 42e Assemblée générale du Conseil des Bureaux de la Carte Brune se tient du 19 au 22 octobre 2026. Elle réunit les responsables des bureaux nationaux, les compagnies d’assurance et les autorités de régulation autour d’un objectif commun : moderniser le système d’assurance automobile transfrontalière.
Créée pour faciliter l’indemnisation des victimes d’accidents impliquant des véhicules étrangers, la Carte Brune constitue un instrument de coopération régionale. Elle accompagne la mobilité des personnes et des marchandises. Elle contribue également à sécuriser les déplacements dans l’espace communautaire.
Mais le dispositif doit s’adapter à l’évolution des échanges commerciaux et des besoins des usagers. Les lenteurs administratives, la coordination entre les bureaux nationaux et la fiabilité des informations constituent des enjeux majeurs.
Plus de 2,6 milliards de FCFA de paiements
Les chiffres présentés à Dakar montrent l’importance des opérations de règlement. Au premier semestre 2026, 1 592 sinistres ont été déclarés. Sur la même période, 352 dossiers ont fait l’objet de paiements, pour un montant global supérieur à 2,6 milliards de FCFA.
Ces données ont été évoquées par Habib Dia, président du Conseil des Bureaux de la Carte Brune CEDEAO. Elles mettent en évidence les défis liés au traitement des dossiers et à l’indemnisation des victimes.
Derrière chaque sinistre, il y a des automobilistes, des passagers et des familles qui attendent une réponse rapide. L’efficacité du système dépend donc de la capacité des bureaux à traiter les dossiers dans des délais raisonnables.
Le numérique pour accélérer les procédures

La digitalisation figure parmi les principales priorités de cette assemblée. Le système ambitionne de passer progressivement d’un dispositif reposant largement sur le papier à une plateforme régionale intégrée.
La transformation numérique doit faciliter l’émission et la vérification des attestations. Elle doit aussi améliorer les échanges d’informations entre les bureaux nationaux. Le suivi des dossiers devrait ainsi gagner en rapidité et en transparence.
Le projet prévoit notamment le développement d’une base de données numérique centralisée. Celle-ci doit permettre de vérifier les attestations et de mieux suivre les sinistres transfrontaliers.
Selon Habib Dia, près de la moitié des États membres ont déjà réalisé des progrès significatifs dans la digitalisation. L’objectif est désormais d’étendre cette dynamique à l’ensemble des pays concernés.
Cette évolution nécessite toutefois des investissements techniques et financiers. Elle suppose aussi une meilleure interconnexion des systèmes nationaux.
La gouvernance au cœur des réformes
La modernisation de la Carte Brune passe également par une réforme institutionnelle. Les responsables veulent renforcer la coordination entre le Conseil des Bureaux, le Secrétariat permanent, les bureaux nationaux et la Commission de la CEDEAO.
La clarification des responsabilités et l’amélioration des procédures figurent parmi les priorités. Les acteurs souhaitent également renforcer la transparence et la fiabilité des opérations financières.
La confiance entre les bureaux nationaux reste essentielle. Elle conditionne notamment le règlement des sinistres et le recouvrement des créances.
Pour Habib Dia, la réforme doit déboucher sur des institutions plus efficaces et plus réactives. Elle doit aussi améliorer la qualité des services rendus aux assurés.
Le Sénégal appelé à renforcer la coopération

Le Sénégal entend jouer un rôle important dans cette nouvelle étape. El Hadji Amar Kébé, président du Bureau national sénégalais de la Carte Brune et directeur général d’AXA Sénégal, a insisté sur la nécessité de préserver les acquis tout en accélérant la transformation du système.
La priorité est de renforcer la coopération entre les bureaux nationaux. Le pays entend également promouvoir la digitalisation et améliorer la gestion des sinistres.
Le Sénégal figure parmi les bureaux nationaux pilotes cités dans les discussions sur la transformation numérique. Cette position peut contribuer à accélérer la mise en œuvre des nouveaux outils.
Au-delà des enjeux assurantiels, la Carte Brune participe à l’intégration économique régionale. Elle facilite les déplacements et accompagne les échanges commerciaux entre les pays membres.
Un plan stratégique pour 2027-2031
L’Assemblée générale de Dakar doit également examiner les orientations futures du système. L’adoption du plan stratégique 2027-2031 figure parmi les enjeux mentionnés lors des travaux.
Le défi sera de traduire les ambitions en résultats concrets. La digitalisation devra s’accompagner d’une gouvernance renforcée et d’une meilleure prise en charge des victimes.
Pour la Carte Brune CEDEAO, l’enjeu est désormais de gagner en efficacité et en crédibilité. La rapidité des indemnisations constituera l’un des principaux indicateurs de cette transformation.
La modernisation du système dépasse ainsi le seul secteur de l’assurance. Elle touche à la sécurité des déplacements, à la fluidité des échanges et à la libre circulation dans l’espace ouest-africain











