Dette du Mozambique : Pourquoi les géants bancaires sud-africains restent imperturbables

Maputo s’enfonce dans la crise financière. Un défaut sur ses obligations en devises étrangères se précise. Pourtant, à Johannesburg, les grandes banques ne paniquent pas. S&P Global Ratings confirme leur solide résilience.

Par Bacary Dabo

La menace d’une restructuration se rapproche pour Maputo. Le gouvernement mozambicain fait face à de graves tensions de trésorerie. La liquidité en devises étrangères manque cruellement. Selon l’agence S&P Global Ratings, un défaut sur l’Eurobond 2031 devient inévitable.

La note souveraine en devises a chuté à « CCC ». La perspective reste négative. Mais l’onde de choc n’atteindra pas la place financière de Johannesburg. Les géants bancaires sud-africains sont à l’abri.

Aucune exposition directe

Quatre grandes banques de la nation arc-en-ciel possèdent des filiales au Mozambique. Trois d’entre elles sont évaluées par S&P : FirstRand, Nedbank et Absa Bank.

Le constat de l’agence est formel. Aucune de ces institutions ne détient d’Eurobond mozambicain. Leur bilan ne subira aucun impact direct en cas d’annulation de dette extérieure.

Les banques possèdent des titres en monnaie locale. Elles détiennent des bons du Trésor et des obligations mozambicaines. Mais ces volumes restent insignifiants. Ils représentent moins de 1 % de leurs actifs globaux.

Des risques déjà anticipés

Les établissements ont agi avec prudence. Les bons du Trésor à court terme constituent 60 % à 90 % de leurs titres d’État au Mozambique. Face aux retards de paiement de Maputo, les banques ont déjà constitué des provisions.

Le reliquat d’obligations est intégré dans les calculs de fonds propres. L’évaluation de leur capital prend déjà en compte ce risque. La couverture est totale.

Horizon 2030 pour le gaz

L’économie mozambicaine conserve un atout majeur. Le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de TotalEnergies redémarre enfin. Cette relance offre des perspectives favorables à long terme.

Mais les retombées financières se feront attendre. S&P n’attend pas d’amélioration budgétaire ou externe significative avant 2030. La période de transition restera très délicate.

Impact marginal sur les groupes

S&P anticipe toutefois des effets de second tour. Le manque de devises pèsera sur l’économie locale. Les activités des filiales à Maputo pourraient ralentir. L’effet restera très localisé. 

La contribution des filiales mozambicaines aux bénéfices consolidés demeure marginale. Les maisons mères à Johannesburg conserveront une rentabilité solide.