L’agence S&P Global Ratings confirme la note souveraine de Le Caire à « B/B » avec une perspective stable. Malgré un environnement régional sous haute tension et la baisse des recettes du canal de Suez, les réformes structurelles et l’appui des pays du Golfe renforcent la résilience de l’économie égyptienne.
L’économie égyptienne fait face aux vents violents des conflits au Moyen-Orient. Pourtant, sa souveraineté financière garde le cap. Le 9 octobre 2026, l’agence de notation S&P Global Ratings a confirmé la note souveraine de l’Égypte à « B/B ». La perspective associée reste stable.
Cette décision reflète un équilibre fragile. D’un côté, le pays enregistre de solides perspectives de croissance à moyen terme. De l’autre, il subit l’impact d’une instabilité géopolitique prolongée à ses frontières.
Un amortisseur financier nommé Golfe
Le Caire a fait preuve d’une grande réactivité face aux chocs récents. Après des fuites de capitaux à la suite des tensions régionales, la Banque centrale d’Égypte (CBE) a stabilisé le marché des changes. Les réserves de change ont atteint le niveau record de 54,5 milliards de dollars en septembre 2026.
L’appui financier des monarchies du Golfe s’avère déterminant. Abu Dhabi a injecté 35 milliards de dollars au début de l’année 2024 pour le projet Ras El-Hekma. Plus récemment, le Qatar a signé un accord d’investissement touristique de 30 milliards de dollars à Alam Al-Roum. Les dépôts des pays du Golfe auprès de la CBE s’élèvent désormais à 18 milliards de dollars.
Parallèlement, les envois de fonds de la diaspora battent des records. Le secteur touristique fait preuve d’une résilience remarquable. Enfin, les recettes du canal de Suez remontent progressivement à 3,4 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’exercice fiscal 2026.
L’épreuve de la facture énergétique
Cependant, les risques demeurent élevés. L’Égypte reste un importateur net d’énergie depuis 2023. Le carburant et le gaz naturel représentent à eux seuls près de 30 % des importations totales de biens.
Les interruptions temporaires d’approvisionnement depuis le gisement israélien Leviathan ont forcé Le Caire à importer du gaz naturel liquéfié (GNL) à des prix très élevés. De plus, les blocages récurrents dans la mer Rouge pèsent sur la logistique internationale et alimentent les tensions inflationnistes.
L’inflation a légèrement réaccéléré pour s’établir à 14,5 % en août 2026. La Banque centrale maintient par conséquent ses taux directeurs à un niveau élevé. Le loyer de l’argent pèse lourdement sur le budget national. Le service de la dette devrait absorber 60 % des recettes publiques en 2027.
La privatisation, clé de voûte de la croissance
La croissance du PIB réel s’est établie à 5,1 % pour l’exercice fiscal 2026. C’est la plus forte progression depuis trois ans. Elle est tirée par les industries manufacturières hors pétrole, le commerce et les télécommunications. S&P prévoie toutefois un léger ralentissement à 4,5 % pour l’exercice 2027.
Le programme soutenu par le FMI jusqu’en décembre 2026 reste le principal boussole économique du gouvernement. Le Caire s’est engagé à réduire l’empreinte de l’État et de l’armée dans l’économie au profit du secteur privé.
Cependant, le calendrier de privatisation accumule du retard en raison des incertitudes régionales. Les cessions prévues de la Banque du Caire et de Misr Life sont attendues pour alléger une dette publique toujours équivalente à près de 87 % du PIB.











