Le Sénégal et l’Italie passent à la vitesse supérieure. Les deux pays renforcent leur coopération économique. Un forum d’affaires axé sur les infrastructures a réunit, le jeudi 1er octobre 2026 à Dakar, ministres, diplomates et décideurs privés. Cette rencontre marque un tournant majeur. Elle concrétise la rencontre entre la Vision « Sénégal 2050 » et le « Plan Mattei » italien pour l’Afrique.
Par Bacary Dabo
La relation commerciale sino-italienne affiche une dynamique positive. En 2024, les échanges bilatéraux ont atteint 426 millions de dollars. Ce volume enregistre une croissance annuelle de plus de 50 %.
L’Italie est la deuxième puissance manufacturière d’Europe. Le pays se distingue par son savoir-faire technologique et industriel. « L’Italie n’arrive pas au Sénégal aujourd’hui. Elle y est déjà présente », a rappelé Bakary Séga Bathily, Directeur général de l’APIX.
Passer des discours aux projets concrets
L’objectif de cette mission est de dépasser la simple prise de contact. Les autorités appellent à des résultats immédiats. « Ne repartons pas avec de simples cartes de visite, mais avec des projets », a insisté le patron de l’APIX.
La nouvelle stratégie privilégie la co-création. Il s’agit d’associer la technologie italienne à la maîtrise du terrain des entreprises sénégalaises. Cette alliance doit donner naissance à des co-entreprises, des transferts de technologie et des emplois locaux.
L’État déroule la carte des grands chantiers
Présent à la rencontre, le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a détaillé les priorités de l’État. Le gouvernement accélère les grands projets portuaires, ferroviaires et routiers.
Sur le plan des infrastructures portuaires, il consiste à accélérer les travaux du port de Ndayane. A cela s’ajoutent la finalisation des démarches pour le port minéralier et céréalier de Bargny Sendou d’ici juin 2025 et le développement du port en eau profonde au Sud.
Concernant le réseau ferroviaire, Dakar met priorise l’extension du TER vers Thiès. San soublier le projet de corridor ferroviaire reliant Dakar à Bamako puis Niamey, avec une première étape de 600 km vers Tambacounda.
Sur le chapitre des corridors autoroutiers, les autorités sénégalaises misent sur l’extension du réseau à 526 km d’ici fin juin. Elles comptent également poursuite des axes vers Saint-Louis, Rosso et la Casamance.
Côté désenclavement, c’est la relance du programme spécial sur 2 500 km. Ce plan concerne 55 entreprises et vise 55 000 emplois.
Pour les équipements sociaux et scolaires, il est prévu la construction de 100 centres de santé et 5 hôpitaux. Mais aussi l’éradication des abris provisoires avec des milliers de classes programmées.
Une opportunité pour le secteur privé national

Le Club des Investisseurs au Sénégal (CIS) participe activement aux discussions. L’organisation dispose d’une banque de 16 projets évalués à 1 200 milliards de F CFA.
Des synergies sont identifiées dans le bâtiment, l’énergie, le traitement de l’eau et la logistique. Des accords existent déjà pour sécuriser les investissements. Une convention fiscale évite notamment la double imposition depuis 2008.
Un ancrage financier et sous-régional
L’Italie met à disposition des outils d’accompagnement financier. L’organisme SIMEST propose des financements bonifiés, des prises de participation et des crédits d’exportation compétitifs.
Cette mission intègre également la Guinée. Le Guinea Development Board (GDB) promeut les opportunités du corridor Simandou. L’avenir des infrastructures sénégalaises et guinéennes s’inscrit désormais dans une dynamique d’intégration sous-régionale durable.











