Afreximbank mise sur les États africains pour accélérer les investissements et le commerce

Afreximbank veut renforcer le rôle des gouvernements infranationaux dans le développement économique du continent. La banque panafricaine organisera, du 12 au 14 novembre 2026, la sixième conférence sur l’investissement de l’African Sub-Sovereign Governments Network (AfSNET), à Calabar, dans l’État de Cross River, au Nigeria.

L’information est contenue dans un communiqué de presse qui révèle que l’événement réunira des gouvernements locaux, des investisseurs, des institutions financières et des partenaires au développement. L’objectif est de transformer les opportunités économiques en projets financés et en transactions concrètes.

Placée sous le thème « Le rôle des gouvernements infranationaux dans la promotion du développement par le commerce et l’investissement », cette rencontre mettra l’accent sur la préparation de projets bancables. Elle entend aussi renforcer les partenariats et stimuler les échanges intra-africains dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Plus de 3,2 milliards de dollars d’opportunités

Créé en 2021 par Afreximbank, AfSNET sert de plateforme aux États, provinces, comtés et municipalités africains. Il leur permet de présenter leurs projets, de rencontrer des investisseurs et de renforcer leurs capacités en matière de montage financier.

Le réseau entend rapprocher les ambitions de la ZLECAf des réalités économiques locales. Les autorités infranationales jouent, en effet, un rôle important dans le développement des infrastructures, la production et l’attraction des investissements.

Les cinq premières éditions ont réuni plus de 1 400 délégués issus de 21 pays africains. Elles ont permis de générer plus de 3,2 milliards de dollars d’opportunités d’investissement et de transactions, selon Afreximbank.

Plusieurs projets illustrent cette dynamique. Au Kenya, le projet Med Aditus Pharmaceuticals, évalué à 40 millions de dollars, prévoit la construction d’une usine pharmaceutique à Kisumu. Sa capacité de production annoncée atteint au moins deux milliards de comprimés et de gélules par an.

Au Nigeria, le projet de port maritime en eaux profondes de Bakassi représente un investissement envisagé de 1,7 milliard de dollars. Le gouvernement de l’État de Cross River a désigné Afreximbank comme conseiller financier pour son développement.

En Afrique du Sud, le projet Nyanza Light Metals, estimé à 871 millions de dollars, prévoit une usine de pigments à base de dioxyde de titane. La capacité annuelle annoncée est de 80 000 tonnes. L’initiative vise notamment à renforcer la transformation locale des minerais.

Des projets bancables au cœur de la stratégie

À Calabar, Afreximbank veut franchir une nouvelle étape. L’enjeu ne sera plus seulement d’identifier les opportunités, mais de les transformer en projets suffisamment structurés pour attirer des financements.

Le programme prévoit des formations sur la promotion des investissements, des ateliers de préparation de projets et des présentations destinées aux bailleurs de fonds. Des discussions porteront également sur les zones économiques spéciales, les infrastructures commerciales, le tourisme et l’économie créative.

Des espaces de négociation entre entreprises et pouvoirs publics sont aussi prévus. Ils doivent faciliter les contacts directs entre les porteurs de projets et les investisseurs.

Pour Kanayo Awani, vice-présidente exécutive chargée du commerce intra-africain et du développement des exportations d’Afreximbank, les gouvernements infranationaux sont au cœur de la transformation économique du continent. Ils sont proches des entreprises, des infrastructures et des secteurs productifs.

La responsable souligne ainsi l’importance de renforcer la préparation des projets et de mettre en relation les opportunités viables avec les capitaux disponibles. L’objectif est de soutenir l’industrialisation, la création de valeur ajoutée et le développement des chaînes de valeur régionales.

Les collectivités, relais de la ZLECAf

Pour l’État de Cross River, l’organisation de cette conférence constitue une occasion de valoriser son potentiel économique. Son gouverneur, Bassey Otu, espère attirer des investisseurs africains et internationaux et nouer des partenariats capables de soutenir un développement durable.

Au-delà du Nigeria, Afreximbank cherche à renforcer la capacité des autorités locales africaines à mobiliser des financements de long terme. La banque entend ainsi rapprocher les politiques commerciales continentales des projets développés sur le terrain.

Le défi reste celui de la transformation des intentions en investissements effectifs. La qualité des dossiers, leur viabilité financière et la capacité à mobiliser des capitaux seront déterminantes.

En plaçant les projets bancables au centre de sa sixième conférence, AfSNET veut faire des gouvernements infranationaux des acteurs plus directs du commerce intra-africain et de l’industrialisation. Un enjeu majeur pour donner une traduction concrète aux ambitions de la ZLECAf.