Le Sénégal lance sa Taxonomie verte pour capter les investissements durables

Dakar a abrité ce lundi 19 octobre 2026 le lancement officiel de la Taxonomie verte du Sénégal. Cet outil inédit définit les critères stricts des activités économiques durables. Il vise à orienter les financements publics et privés vers la transition écologique du pays.

Par Bacary Dabo

Un pas décisif vient d’être franchi dans la finance durable. Le Sénégal dispose désormais de sa propre Taxonomie verte. La cérémonie officielle de lancement s’est tenue ce 19 octobre 2026 à Dakar, sous la présidence du Dr Aliou Gori Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, et de Bassirou Sarr, ministre chargé du Budget.

Une classification claire pour la finance verte

La Taxonomie verte est un dictionnaire technique. Elle définit la grammaire des investissements écoresponsables. Elle fixe des critères précis pour qualifier une activité de durable. L’objectif principal est d’éviter le blanchiment vert (greenwashing). L’outil apporte une clarté totale aux investisseurs nationaux et internationaux. Il réduit considérablement les coûts de transaction et les risques.

Un travail conjoint de trois années

Ce document est le fruit d’un travail collectif de trois ans. Il réunit le ministère de l’Environnement et celui de l’Économie, des Finances et du Plan. Plusieurs ministères sectoriels ont participé aux réflexions. 

Les banques, le secteur privé, la BCEAO et la société civile ont apporté leur expertise. Plus de 400 contributions ont enrichi la version finale. Le processus a bénéficié de l’appui stratégique de l’Union européenne et de la coopération allemande via la GIZ.

Six secteurs prioritaires ciblés

Le cadre couvre six domaines stratégiques de l’économie nationale dont l’énergie et sa décarbonation, l’agriculture, la pêche, la foresterie et l’élevage.

A cela s’ajoutent l’industrie propre, l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets, les transports durables, le bâtiment et la construction résilients.

Ces secteurs clés portent la création d’emplois verts et la sécurité alimentaire du pays.

Combler un besoin massif de 13 milliards de dollars

Les défis climatiques du pays exigent des moyens considérables. La Contribution déterminée au niveau national (CDN) du Sénégal fixe un cap ambitieux. Le pays vise une réduction de ses émissions de carbone de 13 % à 17 % d’ici 2030.

Pour atteindre ces objectifs, le Sénégal doit mobiliser 13 milliards de dollars. Les seuls fonds publics ne suffiront pas. La Taxonomie verte doit servir de levier pour attirer les capitaux privés.

Avec cet outil, le Sénégal rejoint le cercle fermé des pionniers africains de la finance verte. La Taxonomie s’aligne sur la Vision Sénégal 2050 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029.

Les représentants de l’Union européenne et de l’Allemagne ont salué une avancée majeure. Ils ont réaffirmé leur soutien pour la phase opérationnelle. Désormais, le défi réside dans l’appropriation de ce langage commun par les banques et les entreprises du pays.