République du Congo : une économie portée par les hydrocarbures et les services au premier trimestre 2026

La Direction générale de l’économie (DGE) fait état d’une conjoncture globalement favorable. La dynamique du secteur secondaire et des services contraste toutefois avec le recul du secteur primaire et les tensions sur les finances publiques.

Une croissance tirée par les secteurs secondaire et tertiaire. C’est en sommes comment se présente l’économie de la République de Congo. La conjoncture congolaise s’est améliorée au cours des trois premiers mois de 2026. Le secteur secondaire a bénéficié du dynamisme des industries extractives d’hydrocarbures, du raffinage pétrolier et des cimenteries. Les industries brassicoles, chimiques, mécaniques et métalliques ont également contribué à cette évolution.

Les bâtiments et travaux publics (BTP) ont enregistré une progression de leur chiffre d’affaires de 2,3 % sur un an. La construction et la réhabilitation des bâtiments ont progressé de 3,1 %. Les travaux de construction de routes et de voiries urbaines ont augmenté de 1,4 %.

Le secteur tertiaire a, lui aussi, affiché une orientation favorable. Le commerce, les hôtels et restaurants, les banques, les télécommunications et les transports ont soutenu l’activité. Le chiffre d’affaires du commerce s’est établi à 234,918 milliards de FCFA, en hausse de 1,6 % par rapport au premier trimestre 2025.

Le bois transformé face aux défis de la filière forestière

La filière bois présente des résultats contrastés. La production des industries de transformation a augmenté de 2,9 % sur un an. Cette performance s’explique notamment par la progression de la production de placages déroulés, qui a presque doublé, avec une hausse de 98,6 %.

En revanche, les exportations de bois transformés ont reculé de 7,3 % en volume. Les exportations de sciages ont diminué de 10,1 %. La DGE évoque notamment les contraintes logistiques, les difficultés d’approvisionnement en carburant et la dégradation des infrastructures routières.

Cette évolution intervient dans le contexte de l’interdiction des exportations de bois en grume. La politique vise à favoriser la transformation locale et la création de valeur ajoutée dans la filière forestière.

Les finances publiques sous pression

La situation budgétaire constitue l’un des points de vigilance de la conjoncture. Les recettes totales hors dons ont atteint 432,7 milliards de FCFA au premier trimestre 2026. Elles ont diminué de 9,2 % sur un an. Les recettes pétrolières ont reculé de 19,1 %, à 147,1 milliards de FCFA. Les recettes non pétrolières ont baissé de 3,4 %, à 268,7 milliards.

Dans le même temps, les dépenses totales et prêts nets ont atteint 431 milliards de FCFA. Elles ont augmenté de 15,2 % en glissement annuel.

L’excédent primaire s’est établi à 54,7 milliards de FCFA, contre 148,1 milliards un an auparavant. Le solde global, base engagements et hors dons, est passé de 46,1 milliards à 1,7 milliard de FCFA.

La baisse des recettes, combinée à la progression des dépenses, réduit ainsi la marge budgétaire observée au début de 2025.

Les entreprises confrontées aux contraintes opérationnelles

Les résultats de l’enquête de conjoncture réalisée par la DGE en mai 2026 font ressortir les difficultés persistantes du secteur privé. Au total, 86,1 % des chefs d’entreprise interrogés ont déclaré avoir rencontré des difficultés dans l’exercice de leurs activités. Cette proportion atteint 90,7 % dans le secteur primaire, 90,6 % dans le secondaire et 81 % dans le tertiaire.

Les contraintes varient selon les branches. Le transport et la logistique constituent la principale difficulté dans le secteur primaire. Dans le secondaire, les entreprises citent notamment la disponibilité de l’électricité et les lourdeurs administratives. Dans le tertiaire, le recouvrement des créances, l’électricité et la concurrence figurent parmi les problèmes les plus signalés.

Malgré ces obstacles, les perspectives des entreprises restent relativement positives. Selon la DGE, 76,6 % des chefs d’entreprise anticipent une stabilité ou une hausse de leur chiffre d’affaires en 2026.

Des échanges extérieurs toujours dominés par les hydrocarbures

Le commerce extérieur affiche une baisse de la valeur des exportations au premier trimestre 2026. Celle-ci s’est contractée de 3 % sur un an.

Les hydrocarbures demeurent au cœur des exportations congolaises. Ils représentaient 89,5 % de leur valeur globale, contre 85,3 % au premier trimestre 2025. Cette évolution confirme le poids déterminant du secteur pétrolier dans les échanges extérieurs du pays.

La dépendance aux hydrocarbures demeure ainsi un enjeu majeur pour la diversification des sources de revenus et le renforcement de la résilience économique.

Les crédits à l’économie progressent

À fin mars 2026, les crédits à l’économie ont atteint 1 796,2 milliards de FCFA. Ils ont progressé de 17,1 % sur un an.

Les crédits intérieurs se sont établis à 3 502,2 milliards de FCFA, en hausse de 6,3 %. La masse monétaire a, pour sa part, augmenté de 4,4 %, à 3 240,6 milliards de FCFA.

Ces évolutions monétaires s’inscrivent dans une conjoncture où l’activité progresse dans plusieurs secteurs, tandis que les entreprises continuent de faire face à des contraintes de financement et de fonctionnement.

Une reprise à consolider

La note de conjoncture de la DGE dresse le portrait d’une économie congolaise dont l’activité s’est globalement bien orientée au premier trimestre 2026. Les secteurs secondaire et tertiaire ont constitué les principaux moteurs de cette évolution.

Mais les difficultés du secteur primaire, la contraction des recettes publiques et la persistance des contraintes opérationnelles appellent une attention particulière.

Pour les autorités économiques, l’enjeu consiste à soutenir la production, améliorer l’environnement des entreprises et renforcer la diversification de l’économie. Le document de la DGE fournit les indicateurs nécessaires au suivi de cette trajectoire, sans établir à lui seul un bilan complet des résultats de l’ensemble de l’année 2026.