Sidérurgie : comment le géant Prometal sécurise 40 millions d’euros auprès d’Afreximbank

Pour soutenir sa montée en puissance industrielle et réduire la dépendance du Cameroun aux importations, le groupe dirigé par Hayssam El Jammal décroche un important financement au Caire.

Par Bacary Dabo

C’est une nouvelle étape décisive pour l’industrie métallurgique camerounaise. Le 28 septembre, au Caire, le groupe Prometal SA et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) ont formalisé un accord financier d’envergure. L’institution multilatérale accorde au leader régional de l’acier une facilité de fonds de roulement renouvelable de 40 millions d’euros.

L’accord a été signé par Hayssam El Jammal, PDG de Prometal SA, et Denys Denya, premier vice-président exécutif d’Afreximbank, sous le patronage du président de la banque, Dr George Elombi.

Substitution aux importations

Selon un communiqué d’Afreximbank, ce financement servira à soutenir l’approvisionnement et la transformation locale de l’acier semi-fini en produits à forte valeur ajoutée. Le groupe entend alimenter les marchés stratégiques du BTP, des infrastructures, mais aussi du matériel agricole.

L’objectif affiché est d’accélérer la politique nationale de substitution aux importations. « Notre stratégie combine l’intégration verticale de notre chaîne de valeur et une expansion régionale. Nous voulons produire en Afrique ce que nous continuons d’importer », a martelé Hayssam El Jammal lors de la cérémonie.

Un champion industriel diversifié

Acteur incontournable de la zone CEMAC, Prometal Acier exploite déjà sept sites industriels. Sa capacité de production annuelle atteint près de 360 000 tonnes de produits finis en acier.

Mais le groupe ne se cantonne plus à la métallurgie. Depuis 2018, il a diversifié ses activités avec sa filiale NOVIA Industries, active dans l’agro-industrie. L’unité affiche des capacités de traitement journalières de 500 tonnes d’huile alimentaire et de 160 tonnes de savon.

Pour Afreximbank, dont les actifs globaux dépassent les 48 milliards de dollars, cette opération concrétise le soutien aux champions industriels continentaux. Une stratégie jugée indispensable pour dynamiser le commerce intra-africain dans le cadre de la ZLECAf.