Face aux incertitudes économiques mondiales et à l’arrivée massive de la plus jeune génération de l’histoire sur le marché du travail, les bailleurs de fonds internationaux renforcent leurs synergies. Ce mardi 13 octobre 2026, en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale organisées à Bangkok, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et la Banque mondiale ont officialisé la signature d’un nouvel Accord-cadre de cofinancement.
Selon un communiqué du FIDA, ce partenariat renouvelé vise à changer d’échelle dans les investissements destinés à la transformation des économies rurales. La modernisation des systèmes agroalimentaires et à la création d’emplois durables dans les zones paysannes ne seront pas en reste.
Une montée en puissance des financements conjoints
La signature de cet accord concrétise une dynamisation sans précédent du partenariat entre les deux institutions, dont la coopération remonte à 1978. Les chiffres témoignent d’un changement de dimension : le volume des cofinancements apportés par le FIDA aux côtés de l’Association internationale de développement (IDA) — le guichet concessionnel de la Banque mondiale — a plus que doublé ces dernières années, passant de 646 millions de dollars US en 2021 à 1,56 milliard de dollars US en 2025.
Avec ce nouveau cadre, en vigueur pour une période initiale de cinq ans renouvelable automatiquement, les deux entités entendent rationaliser et moderniser leurs processus opérationnels. L’accord instaure notamment l’harmonisation des dispositifs d’assistance technique, de passation des marchés, de gestion financière, de décaissement et de suivi environnemental et social.
« Ensemble, la Banque mondiale et le FIDA disposent de l’envergure, de la portée et de l’expertise nécessaires pour transformer les économies rurales et les systèmes agroalimentaires », a souligné Alvaro Lario, Président du FIDA. « Cet accord nous permettra de traduire notre ambition commune en davantage d’investissement, plus d’emplois, une résilience renforcée et une meilleure sécurité alimentaire pour des millions de personnes. »
L’agriculture comme levier d’emploi pour la jeunesse
Pour le Président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, l’enjeu réside avant tout dans la capacité du secteur agricole à offrir de vraies perspectives d’avenir aux jeunes ruraux.
« La prochaine génération a besoin de perspectives, et l’agriculture peut être un puissant moteur d’emplois, de croissance et de sécurité alimentaire », a déclaré M. Banga. « En associant nos capacités de financement et notre portée mondiale à l’expertise approfondie du FIDA sur les communautés rurales, nous pouvons aider les petits producteurs à accroître leur productivité, à accéder aux marchés, à attirer des investissements privés et à créer des emplois là où vivent des millions de jeunes. »
L’alliance vient soutenir deux grandes initiatives internationales majeures.
Il s’agit d’AgriConnect qui est un programme ambitieux, mené également en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAfD), la Banque interaméricaine de développement (BID), Google et Bayer. Il ambitionne de transformer l’agriculture au profit de 300 millions de petits producteurs d’ici 2030.
Il y’a également Water Forward, un plan d’action ciblé pour améliorer la sécurité hydrique de 1 milliard de personnes d’ici la fin de la décennie.
Un impact concret sur le terrain : l’exemple du Lesotho
L’efficacité de ce modèle collaboratif s’appuie sur des projets éprouvés. Au Lesotho, un programme conjoint de 70,5 millions de dollars US a déjà permis d’obtenir des résultats probants. Il s’agit de 1 500 emplois directes créés ; 217 000 personnes sensibilisées à l’éducation nutritionnelle. A cela s’ajoutent les 106 000 agriculteurs ayant adopté des méthodes climato-compatibles et 900 000 bénéficiaires dotés de services agro-météorologiques.
Selon le même communiqué, ce nouveau cadre servira également de levier pour appuyer les priorités stratégiques de la quatorzième reconstitution des ressources du FIDA (IFAD14, 2028-2030), consolidant ainsi les efforts globaux de résilience et de développement inclusif.














