Un nouveau rapport du FIDA révèle que les transferts de fonds mondiaux ont atteint 729 milliards de dollars. En Afrique, cette manne financière accélère le développement rural et supplante largement l’aide internationale.
C’est un record historique. Les envois de fonds vers les pays à revenu faible ou intermédiaire ont atteint 728,6 milliards de dollars en 2025. Le constat émane du dernier rapport du Fonds international de développement agricole (FIDA). En dix ans, ces flux ont bondi de 94 %.
Aujourd’hui, 220 millions de migrants soutiennent 1,1 milliard de proches. Cela représente une personne sur six sur la planète. Le phénomène dépasse désormais les canaux traditionnels de la solidarité. Ces transferts privés pèsent quatre fois plus que l’Aide publique au développement (APD). Ils dépassent également le montant global des investissements directs étrangers (IDE).
L’Afrique au cœur du dispositif
Sur le continent africain, la progression est spectaculaire. Les flux vers l’Afrique ont augmenté de 86 % sur la décennie. Ils atteignent désormais 124,2 milliards de dollars. Dans 23 pays du monde, ces transferts représentent plus de 10 % du produit intérieur brut (PIB). Pour neuf nations, ils dépassent même la valeur totale des exportations. « Les envois de fonds permettent d’accroître le capital et la résilience face aux chocs », souligne Alvaro Lario, président du FIDA.
Le secteur rural en est le premier bénéficiaire. Environ 233 milliards de dollars arrivent directement dans les campagnes du Sud. Dans ces zones isolées, l’accès aux banques reste rare. L’injection de capitaux y est donc vitale. Chaque année, les familles investissent 22 milliards de dollars dans les systèmes agroalimentaires ruraux. Un levier majeur pour l’emploi local et la production agricole.
Le défi de la numérisation
La méthode d’envoi évolue rapidement. Plus de la moitié des transferts s’effectue désormais par voie numérique. Cette mutation réduit drastiquement les frais de transaction. Toutefois, du chemin reste à faire : seules 35 % des opérations sont réalisées en 100 % numérique du début à la fin. L’argent liquide conserve une place forte.
Face à ce constat, le FIDA interpelle les États et les institutions financières. L’enjeu est clair : faire baisser les coûts de transfert et renforcer l’inclusion financière. Pour les ménages ruraux, ces fonds doivent devenir un tremplin vers l’épargne, le crédit et l’assurance.
L’objectif ultime est d’offrir des perspectives économiques sur place. Et de faire en sorte que la migration devienne un choix, non une obligation.












