Réunis dans la capitale sénégalaise ce 2 octobre 2026, les ministres des Finances de la zone Umoa affichent leur optimisme. Portée par des fondamentaux solides, l’Union anticipe une croissance de 6 % tout en accélérant ses projets d’intégration financière.
Par Bacary Dabo
L’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) garde le cap. En ouverture de la réunion ordinaire du Conseil des ministres ce vendredi 2 octobre à Dakar, le président en exercice de l’instance et ministre burkinabè de l’Économie, le Dr Aboubakar Nacanabo, a dressé un bilan économique très encourageant.
Malgré les incertitudes mondiales et les tensions géopolitiques, l’espace communautaire fait preuve d’une remarquable résilience.
Une croissance solide à 6 %
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au deuxième trimestre 2026, l’activité économique de la zone est demeurée très dynamique. La croissance s’établit à 6 % en rythme annuel, confirmant la performance du trimestre précédent (6,1 %).
Sur le front des prix, la situation reste totalement sous contrôle. Après une légère déflation fin 2025 (-0,2 %), l’inflation s’est fixée à 0,4 % au deuxième trimestre 2026. Elle est projetée à 1 % sur l’ensemble de l’année. Une remontée contenue, principalement portée par la hausse des prix du carburant et des transports.
Matières premières et santé extérieure

La position extérieure des États membres s’est nettement renforcée. Ce dynamisme s’explique par la hausse des exportations de produits phares notamment l’or, le coton, le cacao et les produits pétroliers. À cela s’ajoutent des perspectives agricoles 2026-2027 favorables et la bonne tenue des services.
Toutefois, le président du Conseil appelle à ne pas baisser la garde. Les risques climatiques et la détérioration de la conjoncture internationale imposent une vigilance constante pour transformer ces acquis en progrès durables.
Système de paiement panafricain et réformes stratégiques
À l’ordre du jour des ministres, plusieurs dossiers majeurs visent à moderniser l’économie de la région. Il s’agit de l’inclusion financière et paiement. Sur ce sujet, la BCEAO soumet l’adhésion de la zone au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), une étape clé pour faciliter le commerce intra-africain. Un projet porté par la Banque africaine d’import-export(Afreximbank).
Sur les marchés publics et la protection sociale, le Conseil examine l’harmonisation de la régulation des marchés publics et valide la Stratégie régionale de protection sociale 2026-2035.
Concernant le financement du développement, l’Autorité des marchés financiers (AMF-UMOA) valide l’agrément de nouveaux fonds d’investissement, tandis que la BOAD débat des modalités de mobilisation de ressources auprès de ses partenaires internationaux.
Face au ralentissement économique mondial — attendu à 3 % en 2026 selon le FMI —, l’Umoa entend faire de l’intégration monétaire et financière son meilleur bouclier.












