Le FMI et Dakar ont conclu un accord au niveau des services pour un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Ce soutien financier vise à restructurer la dette, renforcer la transparence budgétaire et corriger les fausses déclarations passées.
C’est ainsi un nouveau cap décisif pour les finances publiques sénégalaises. Au terme d’une mission menée à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026 par Mme Mercedes Vera Martin, le FMI est parvenu à un accord au niveau des services avec les autorités.
L’accord porte sur un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant de 2,2 milliards de dollars. L’approbation finale reste conditionnée au feu vert de la direction et du conseil d’administration du FMI, ainsi qu’à la réception des assurances de financement des partenaires internationaux.
Le soutien du FMI est assorti de conditions strictes. Les autorités sénégalaises doivent appliquer des « mesures correctrices résolues ». Ces actions font suite à la demande de dérogation introduite par Dakar après un cas passé de transmission d’informations erronées. Le FMI exige un renforcement des garde-fous pour garantir la transparence budgétaire.
En parallèle, le gouvernement, par la voix de son ministre des Finances et du budget, Cheikh Diba, a annoncé son intention de solliciter un traitement de la dette afin d’en rétablir la viabilité.
Résilience tirée par les hydrocarbures
Dans la même foulée, le FMI a relevé que l’économie sénégalaise affiche une dynamique contrastée. En 2025, la croissance globale a atteint 6,7 % grâce au démarrage de la production pétrolière. Toutefois, la croissance du PIB hors hydrocarbures s’est tassée à 2,2 %.
Un rebond a été enregistré au premier trimestre 2026, avec une hausse du PIB hors hydrocarbures de 4,7 % en glissement annuel, soutenue par la consommation privée.
Le nouveau programme vise à restaurer la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables. Une stratégie de recettes à moyen terme sera adoptée en 2027.
Le plan repose sur le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures, la rationalisation des dépenses et un suivi renforcé des entreprises publiques et des arriérés intérieurs. En parallèle, les filets de protection sociale seront consolidés via des transferts monétaires ciblés.
Ce programme servira également de levier pour mobiliser d’autres financements auprès de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (BAD).














