UMOA : le marché régional de la dette franchit les 9 300 milliards de FCFA

Les États de l’UEMOA ont mobilisé 9 331 milliards de FCFA depuis janvier. Une forte progression des OAT, qui représentent désormais l’essentiel des levées. L’encours régional ressort à près de 24 000 milliards de FCFA.

Le marché régional des titres publics de l’UMOA reste un canal majeur de financement des États. À fin août 2026, les émissions cumulées ont atteint 9 331,46 milliards de FCFA, en hausse de 4,64 % sur un an. Cette progression masque toutefois un changement significatif dans la structure des financements.

Le marché régional poursuit sa montée en puissance.

Les États de l’Union monétaire ouest-africaine ont levé 9 331,46 milliards de FCFA depuis le début de 2026.

La progression est de 4,64 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Mais derrière cette hausse se dessine une évolution importante.

Les États privilégient davantage les financements de maturité plus longue.

Les OAT prennent le relais

Les obligations assimilables du Trésor (OAT) concentrent désormais l’essentiel des montants levés.

Elles représentent 7 083,20 milliards de FCFA depuis le début de l’année.

Leur progression atteint 56,50 %.

À l’inverse, les bons assimilables du Trésor (BAT) connaissent un net repli.

Les émissions de BAT s’établissent à 2 248,26 milliards de FCFA, en baisse de 48,80 %.

Cette recomposition traduit un recours plus important aux instruments obligataires. Elle permet aux émetteurs de rechercher des ressources sur des horizons plus longs.

Près de 7 900 milliards remboursés

La pression sur les finances publiques ne se limite pas aux nouvelles levées.

Les remboursements cumulés atteignent 7 876,98 milliards de FCFA à fin août.

Ils progressent de 24,86 %.

Le marché connaît parallèlement une réduction du nombre d’adjudications.

138 opérations ont été réalisées depuis janvier, soit une baisse de 15,34 %.

Le marché concentre donc davantage les financements sur des opérations de taille importante.

Une dette régionale de près de 24 000 milliards

L’encours de la dette sur le marché régional atteint 23 950,98 milliards de FCFA.

Il affiche une légère contraction de 0,51 %.

La répartition reste fortement concentrée sur quelques grands émetteurs.

La Côte d’Ivoire affiche l’encours le plus élevé, à 7 443,44 milliards de FCFA.

Elle est suivie du Sénégal, avec 5 267,26 milliards.

Le Burkina Faso arrive ensuite avec 3 045,82 milliards, devant le Mali, à 2 640,54 milliards de FCFA.

Le Niger affiche 2 108,47 milliards.

Le Togo, le Bénin et la Guinée-Bissau ferment le classement.

Le Sénégal parmi les principaux emprunteurs

Dakar conserve une place importante sur le marché régional.

À fin août, l’encours sénégalais atteint 5 267,26 milliards de FCFA, en progression de 2,64 %.

Sur le seul mois d’août, le Sénégal a mobilisé 214,50 milliards de FCFA.

Les BAT représentent 139,28 milliards.

Les OAT totalisent 75,22 milliards.

Les remboursements se sont élevés à 165,93 milliards de FCFA.

Des rendements sous pression

L’évolution des rendements constitue l’un des principaux indicateurs du marché.

Au Sénégal, l’émission du 28 août illustre le niveau atteint sur les différentes maturités.

Le rendement moyen pondéré s’est établi à 7,27 % sur 12 mois.

Il atteint 7,77 % sur trois ans.

Sur cinq ans, il monte à 8,24 %.

Ces niveaux montrent l’importance du coût du financement sur les maturités longues.

Pour les États, l’enjeu est désormais de maintenir l’accès au marché tout en maîtrisant le coût du service de la dette.

721 milliards mobilisés en août

Le mois d’août a généré 721,04 milliards de FCFA de nouvelles mobilisations.

Le montant est inférieur de 2,57 % à celui de juillet.

Il reste toutefois supérieur de 3,08 % à celui d’août 2025.

Dans le même temps, les remboursements ont atteint 576,19 milliards de FCFA.

Le taux de couverture moyen des adjudications s’est établi à 238,42 %.

La demande des investisseurs demeure donc largement supérieure aux montants proposés par les émetteurs.

Un marché stratégique pour le financement public

Le marché régional des titres publics s’impose ainsi comme un instrument central de financement des États de l’UMOA.

La progression des OAT traduit une volonté de diversifier les profils de dette.

Mais l’augmentation des remboursements et le niveau des rendements constituent des paramètres à surveiller.

À fin août, le marché présente un double visage.

D’un côté, une capacité toujours importante à absorber les besoins de financement.

De l’autre, un coût du financement qui demeure un enjeu majeur pour les États.

La trajectoire des émissions, des rendements et des remboursements au cours des prochains mois sera déterminante pour apprécier la soutenabilité de cette dynamique de financement régional.