Migration irrégulière : ADHA presse la CEDEAO de demander des comptes aux États

Changer d’approche. C’est le message adressé par l’ONG Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) au Parlement de la CEDEAO. L’organisation estime que les campagnes de sensibilisation sur la migration irrégulière ont atteint leurs limites et qu’il est désormais temps de renforcer la redevabilité des États.

Dans un communiqué publié le 20 juillet à Dakar, ADHA réagit à une session du Parlement communautaire consacrée aux dangers de la migration irrégulière et de la traite des personnes, ainsi qu’aux échanges organisés à Thiaroye-sur-Mer. L’ONG salue l’initiative, mais considère que les causes de ces phénomènes sont déjà largement connues et documentées. Selon elle, la priorité doit désormais porter sur l’évaluation des politiques publiques et le respect des engagements pris par les États.

L’organisation insiste également sur la nécessité de distinguer plusieurs réalités souvent associées dans le débat public. Migration irrégulière, trafic illicite de migrants, traite des personnes et déplacements liés à l’érosion côtière relèvent, selon elle, de cadres juridiques différents. Une approche uniforme risquerait d’affaiblir l’efficacité des réponses publiques et la protection des personnes concernées.

Pour ADHA, la véritable valeur ajoutée du Parlement de la CEDEAO réside dans son rôle de contrôle et d’évaluation de l’action gouvernementale. L’organisation estime que les populations attendent aujourd’hui des résultats concrets. Il s’agit de l’application effective des lois, protection accrue des victimes de traite, lutte renforcée contre les réseaux criminels et politiques ambitieuses en faveur de l’emploi et de l’inclusion économique des jeunes.

L’ONG formule ainsi trois recommandations majeures. Elle appelle le Parlement communautaire à évaluer l’application des législations nationales sur le trafic illicite de migrants et la traite des personnes. Il s’agit également de renforcer le suivi des engagements régionaux et internationaux des États membres et à promouvoir des politiques publiques fondées sur les droits humains, les données probantes et la redevabilité.

Au-delà des déclarations, ADHA estime que la crédibilité de la gouvernance migratoire en Afrique de l’Ouest se mesurera à la capacité des institutions à faire respecter le droit et à apporter des réponses durables aux causes profondes des départs. Un plaidoyer qui intervient alors que la migration irrégulière demeure l’un des principaux défis sécuritaires, sociaux et économiques de la région.